Inauguration du Jardin Maurice Sicart

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1 – ÉLÉMENTS DE LA BIOGRAPHIE DE MAURICE SICART 

Maurice SICART est né le 11 juin 1934 à Paris dans le 14e arrondissement. Il est décédé le 19 mai 2012 des suites d’une insurmontable maladie. Il était chevalier de la Légion d’honneur, officier dans l’Ordre du Mérite National et avait reçu la Grande Médaille de la ville de Paris échelon argent.
A 9 ans, il perd sa mère atteinte par la tuberculose. De ce fait, Il séjournera dans un sanatorium dont il gardera un souvenir douloureux. Placé à 12 ans sous la surveillance d’une tante, il vivra seul dans une chambre de bonne. Scolarisé dans le 14e arrondissement, bon élève il obtiendra son certificat d’études primaire, son brevet élémentaire puis au cours complémentaire son CAP d’aide Comptable qui lui permettra d’en faire sa profession.
Enfant de la seconde guerre mondiale, cette période difficile de l’occupation allemande révélera chez lui un patriotisme naissant. Son père engagé dans un réseau de résistance gaulliste stimulera son imagination. Ses héros seront Guy Môquet, Fabien, Leclerc, et Rol-Tanguy chef de la résistance à Paris.
A l’adolescence il s’engagera au sein de l’Union de la Jeunesse Républicaine de France association créée après guerre par de jeunes résistants patriotes. Important mouvement d’éducation populaire prônant des idéaux et les valeurs de paix et d’amitié entre tous les peuples qui dénoncera la guerre en Indochine et s’investira en faveur de la paix.
Au sortir de cette guerre coloniale désastreuse en 1954, alors qu’il aspire comme beaucoup de jeunes à vivre ses vingt ans, une autre guerre éclate en Algérie. Elle ne voudra pas dire son nom. Au début dénommée « action de pacification » puis de «  maintien de l’ordre » jusqu’en 1999.
Maurice Sicart, après ses classes effectuées à Dreux dans l’Eure partira à l’âge de 21 ans en Algérie. Il sera affecté à la deuxième compagnie du 3e régiment d’infanterie coloniale basée en Kabylie dans le secteur de Palestro où se déroulera la terrible embuscade. Il y séjournera pendant 21 mois.
De ce lieu Il écrira à ses amis et à la presse pour dénoncer le caractère injuste et dramatique de cette guerre ainsi que les conditions de vie misérable de la population Algérienne qui l’entoure.

Maurice Sicart ( à droite) en Algérie

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Libéré en 1958, sa vie se confondra avec son engagement pour exiger la fin de cette guerre et le retour des soldats du contingent. Il se consacrera au service de ses camarades et de leurs familles et notamment des plus défavorisés pour les aider à faire valoir leurs droits moraux et matériels en toute dignité.
Il adhère en 1960 à la Fédération Nationale des Anciens combattants en Algérie créée en 1958. Il lui consacrera l’essentiel de son temps. Il sera son secrétaire général pendant 47 ans. D’emblée dans son activité, il a été convaincu et a su convaincre qu’il fallait rassembler le plus grand nombre possible d’anciens combattants pour se faire entendre des pouvoirs publics afin d’obtenir la reconnaissance des droits moraux et matériels de ceux qui ont servi leur pays. En charge des effectifs, la FNACA comptabilisera 3 600 comités locaux dans toute la France regroupant jusqu’à 370 000 adhérents. Notre association deviendra la plus représentative des associations d’anciens combattants. Pendant toutes ces années aux côtés des autres responsables du monde combattant, il interpellera les différents ministres des gouvernements successifs en charge du monde combattant, les élus, députés et sénateurs, sur nos droits et pour la reconnaissance du 19 mars 1962 date du cessez-le-feu en Algérie.

Son engagement sera reconnu et respecté par beaucoup de ceux qu’il interpellait. Il rencontrera en délégation plusieurs Présidents de la Ve République et premiers ministres. Il sera très pointilleux sur l’indépendance de notre Fédération à l’égard des pouvoirs publics et de tout parti politique ce qui fera notre force.
C’est dans cette riche activité que Maurice Sicart  rencontre sa future femme Anick, veuve d’un ancien combattant d’Algérie maman d’une petite fille. Il aura un fils avec Anick. Homme de conviction, sa vie sera consacrée aux autres.


2 – LE FILM DES CÉRÉMONIES


3 – MAURICE SICART (VIDÉO RETRAÇANT SA VIE ET SON TRAVAIL À LA FNACA)


4 – L’INAUGURATION EN PHOTOS

LES DISCOURS

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LE DÉVOILEMENT DE LA PLAQUE

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DSCF9621 2DISCOURS D’ANICK SICART DANS LA SALLE DES FÊTES DE LA MAIRIE DU XIIIe

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5 – EXTRAITS DES DISCOURS PRONONCÉS DURANT L’INAUGURATION

Président départemental Jean LAURANS
…Après les remerciements à la Maire de Paris et au Maire du XIIIe, Jean Laurans rappelle que Maurice SICART fut secrétaire général de la FNACA durant 47 ans…Il l’associe à son compagnon de route le Président national Wladislas MAREK, lui aussi trop tôt disparu…il salue la présence du Comité national conduit par le Président Guy…il évoque l’action de Maurice dès son incorporation en Algérie et, à son retour, son activité incessante, sa capacité à mobiliser et à réaliser,…il note sa disponibilité pour aider, entourer, visiter toutes celles et ceux en difficulté…Homme de terrain par excellence. Il était un père de famille attentif, un mari prévenant…Concluant par la volonté de perpétuer son action avec  l’aide d’Anick : « Jardin Maurice SICART homme de Paix »
Guy DARMANIN, président national de la FNACA
(Il) rappelle avec émotion que Maurice SICART, né en 1934 à Paris 14e, a perdu sa maman pendant la guerre, à 9 ans et a séjourné un an dans un préventorium (qui) accueillait également des orphelins à qui on rasait le crâne pour les différencier…expérience douloureuse…qui a sans doute forgé son caractère…sa volonté de lutte contre les injustices…notre secrétaire général pendant 47 ans, rare longévité. La simplicité et la modestie…ses qualités essentielles…cependant notre fédération s’identifie à lui…tant son rôle fut prépondérant… «Je vous ai tous porté sur les Fonds Baptismaux de la FNACA »…(il)avait une connaissance parfaite de tous les départements..
de quasiment tous les responsables départementaux…(il) a veillé au respect de l’indépendance de la FNACA…(Guy DARMANIN) associe à ce témoignage de reconnaissance son épouse Anick sans laquelle Maurice n’aurait jamais pu accomplir son oeuvre : être toujours au service de ses camarades Anciens combattants.
Allocution de Jérôme COUMET maire du 13e
…C’est avec plaisir…et émotion que nous nous retrouvons en présence de la famille de Maurice SICART pour l’inauguration du jardin qui portera son nom…vous l’avez attendu longtemps…vous n’avez pas manqué de persévérance…nous rendons hommage à l’habitant du 13e où (Maurice et Anick) se sont investis près de trois décennies. Vous avez une conception, que je partage, sur la définition du mot citoyen…se battre pour améliorer la société…également s’investir pour les autres. Nous rendons hommage au soldat…défenseur du Monde Combattant…son combat pour la reconnaissance officielle du 19 mars 1962…La mémoire doit exercer son rôle de rassemblement, c’était cela son combat…la FNACA était (sa) priorité…(avec) le devoir de mémoire, c’était la lutte d’une vie…nous rendons hommage à un homme de valeurs, un homme de coeur…


6 – LE LIVRE « TOUS À JOUR DE LEUR COTISATION »

COUVERTURE LIVRE M. SICART - copie

Intitulé « …TOUS À JOUR DE LEUR COTISATION ! » – antienne devenue célèbre aujourd’hui et avec laquelle Maurice terminait très souvent ses discours – ce livre réunit plus d’une trentaine de témoignages de personnalités différentes qui ont tous un jour croisé la route de Maurice, qu’ils soient responsables de la FNACA, personnalités politiques, présidents de comité, simple adhérent, amis ou proches… Tous ont spontanément écrit et téléphoné pour apporter leur témoignages, fournissant également des dizaines de photos originales et de documents d’époque (articles, interview télévisée, éditos, etc.)
Croisant ces témoignages, ce livre fourmille de centaines d’anecdotes souvent drôles, cocasses ou touchantes qui mises bout à bout retracent le parcours de Maurice : son enfance dans le XIVe arrdt, sa guerre d’Algérie, ses débuts à la FNAA puis à FNACA, sa rencontre avec son épouse, ses amitiés, ses rencontres, ses méthodes, ses combats ou encore sa façon inimitable de pousser la chansonnette à la fin de certains congrès. Certains s’en souviennent encore…
Passionné, travailleur infatigable, « air bourru, mais cœur immense » pour reprendre une formule employée dans le livre, Maurice a marqué tous ceux qu’il a croisé et je terminerai en citant un passage de la préface signée par notre Président, Wlayslas Marek : « Ce recueil de témoignages et d’articles, avec ses anecdotes souvent savoureuses, constitue en fait l’historique de notre Fédération… »

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7 – TEXTE DE JEAN LAURANS, PRÉSIDENT DE LA FNACA DE PARIS

Gloires nationales ou illustres inconnus, la toponymie d’un quartier, des rues raconte beaucoup de l’histoire de notre ville et de celle de notre  pays
Pour la première fois le nom d’un responsable de la première association nationale des anciens combattants de la guerre d’Algérie, la FNACA, s’identifiera à un lieu où il à vécu et agi pendant plus d’un demi siècle au service des citoyens qui ont donné le meilleur d’eux mêmes pour servir les valeurs de la République.
Cet événement rejaillit de fait sur l’ensemble de l’histoire de notre fédération et de ses adhérents et responsables. Wladyslas Marek, notre regretté Président national, son ami et compagnon, lui aussi trop tôt disparu, écrivait en préface d’une brochure parisienne rendant hommage à Maurice SICART :  »Tout en se gardant de je ne sais quel culte de la personnalité, force est de constater que notre fédération s’identifie à lui pour la plupart d’entre nous et même à l’extérieur tant son rôle fut prépondérant. D’emblée il a été convaincu et à su convaincre qu’il fallait rassembler le plus grand nombre possible d’anciens combattants en Afrique du nord dans une association spécifique pour se faire entendre et  faire reconnaître leurs droits moraux et matériels. Au delà de la diversité des opinions, il a veillé au respect de l’indépendance de la FNACA».
Du fait de son activité nationale, Maurice était connu par toute la classe politique, élus, ministres, sénateurs et députés qu’il n’a cessé de côtoyer et d’interpeller à propos de la défense de nos droits et pour la reconnaissance officielle du 19 mars 1962 date de la fin de la guerre en Algérie. Le député de la Loire, François Rochebloine, déclare en parlant de lui ;  »j’ai toujours apprécié chez lui le militant, le responsable, l’homme de conviction et le défenseur du monde des anciens combattants.
Homme simple et engagé doté d’une imposante personnalité, Maurice Sicart était un homme de cœur,   généreux, intentionné et bon vivant avec ses amis, affectueux avec son épouse Anick et ses enfants et petits enfants.
Cet hommage nous rapproche encore plus de lui, et stimule notre engagement dans cette association et pour cette cause à laquelle il a tout donné. Nous lui disons une fois encore, merci Maurice.

Jean LAURANS, Président de la FNACA de Paris, Membre du comité national


8 – MAURICE SICART, INVITÉ DE SOIR 3

Maurice SICART, Secrétaire général de la FNACA précise que la fédération qu’il représente a participé à l’inauguration du mémorial inauguré en 2002. Il s’oppose à la date du 5 décembre et veut maintenir la célébration le 19 mars, date du cessez le feu de la guerre d’Algérie et jour de gloire pour la paix. (Sources : INA)


9 – TÉMOIGNAGES

Guy DARMANIN, Président national : « En tant que Secrétaire général Maurice a effectué de très nombreux déplacements en province. Ainsi ont été constitués plusieurs comités locaux et départementaux. Maurice est  toujours resté attaché au principe de conserver ce que j’appelle un cordon ombilical entre la Fédération à l’échelon national, le comité départemental et le comité local. Maurice l’a toujours mis en pratique. »

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Maurice Sicart à la tribune

Jean LAURANS, Président départemental : « Dans le 15e, mon activité aux côté de Maurice a été une expérience extraordinaire, toujours imprégnée d’humanité, de solidarité et de convivialité, en particulier lorsque nous allions à la rencontre des camarades marqués à vie –souvent psychologiquement- par cette guerre. Nous les visitions le samedi ou le dimanche, leur apportant leur carte et le calendrier. Ces rencontres étaient chaleureuses. Nous connaissions les épouses et les enfants de nos amis et souvent leurs difficultés. L’échange se terminait le plus souvent autour d’un verre amical offert par nos amis. »

Michel SABOURDY, Rédacteur en chef : « Ma rencontre avec Maurice remonte à plus de 40 ans. Elu au comité national lors d’une réunion à Cenon, en Gironde mon département d’origine, je suis «monté à Paris» pour y assumer la responsabilité de rédacteur en chef du journal l’Ancien d’Algérie en août 1970. Je n’oublierai jamais la chaleur de l’accueil reçu, notamment de la part d’Anick et Maurice et l’amitié dont j’ai été entouré, moi, le petit provincial monté à la Capitale « avec de la paille dans mes sabots » pour reprendre une formule de Jacques Chapa qui faisait toujours rire Maurice. »

Anick SICART, son épouse : « Mon premier mari, Jacques, était rentré terriblement marqué de sa guerre d’Algérie. Mais Maurice avait évacué tout ça quand je l’ai rencontré. Le fait de se consacrer à la FNACA lui permettait d’occuper son esprit à autre chose. Obtenir de meilleures pensions pour ceux qui avaient été blessés, combattre pour la reconnaissance de la Nation, toutes ces batailles lui ont permis de ne pas ressasser et d’aller de l’avant. En 1969 nous avons déménagé dans le 15e. »

Jack ROUSSEL, Président honoraire du GAJE :  » J’ai adhéré en avril 1966 à Ales, Maurice avait par rapport à moi de nombreuses années d’ancienneté à la FNACA. En revanche pour l’état civil il était mon cadet de 4 ans et 4 mois. En 1969 les 4 comités cévenols formés dans le Gard ont décidé de créer une fédération départementale je fus nommé secrétaire et j’informais le secrétaire général national Maurice Sicart. J’eus l’agréable surprise de recevoir par retour une réponse circonstanciée et manuscrite. Cette relation épistolaire manuscrite réciproque s’est perpétuée et s’est amplifiée, le Gard étant passé à 47 comités et 7300 adhérents. Un jour dans son bureau des Gâtines, où je lui rendais visite, il me montra des piles de dossiers dans une armoire : « tu vois celui-là, le plus haut c’est le Gard, tu es le secrétaire départemental qui m’écrit le plus souvent et le plus longuement ». Au congrès national en 1970 à Alfortville, j’ai été enthousiasmé, comme beaucoup, par sa fougue, sa détermination, sa volonté de convaincre. Au congrès national de Dijon en 1972, je me suis rendu compte que parmi les qualités de Maurice il y avait le fait qu’il était persuasif. Il m’a convaincu de superviser la maison familiale des Terrasses à Langogne malgré mes objections et m’a promu au comité national. Cela dure depuis plus de 32 ans ! « 


10 – PORTFOLIO

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Avril 2002 à Paris au siège national – Réunion avec les députés après le succès du débat à l’Assemblée Nationale du 15 janvier 2002 sur la reconnaissance officielle du 19 Mars. Maurice Sicart, secrétaire général, Wladislas Marek, président national et Georges Colombier, député UMP de l’Isère recevant la médaille de la FNACA.
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2006 : Maurice en pleine préparation du 19 Mars en compagnie de René Le Corre membre du comité du 13e
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2008 : Lors du 50e anniversaire de la FNACA, Maurice en compagnie de Anne Hidalgo première adjointe au maire de Paris et Catherine Vieu-Charier adjointe chargée du Monde Combattant.
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2009 : Maurice entouré de sa famille lors de la remise de la Médaille du Mérite National.
2009 : au Forum des Associations. De gauche à droite Anick et Maurice Sicart, Jérôme Coumet maire du 13e, Jean-Marie Montagne, Claude Cassa et Pierre Boisrenoult président du Comité 13e.
2009 : au Forum des Associations. De gauche à droite Anick et Maurice Sicart, Jérôme Coumet maire du 13e, Jean-Marie Montagne, Claude Cassa et Pierre Boisrenoult président du Comité 13e.
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Discours de Maurice Sicart devant le Monument aux Morts de la Mairie du XIIIe, dans le jardin qui portera son nom.