Chers amis responsables et congressistes

C’est avec plaisir et une grande émotion qu’il m’est permis de me trouver avec vous répondant à l’invitation de votre président Jean Laurans plus qu’un ami pour moi, tant de choses nous lient et de retrouver ici mes amis de Paris, du comité d’Ile de France Annick Sicart Jean-Pierre Louvel, Jean-Pierre Leclerc, Francis Yvernes.

Je ne veux pas vous abreuver de chiffres, de statistiques, votre motion, votre rapport moral vous ont donnés une mise à jour complète concernant nos revendications, mais vous parler avec mon cœur, celui d’un jeune appelé du contingent comme nous l’étions tous, et qui est fier d’être maintenant un militant de la FNACA, un militant de la paix.

Le XIIIe arrondissement représente tant de souvenirs pour moi, celui d’un jeune banlieusard qui pendant de nombreuses années passait devant cette mairie.

Pendant 4 ans je prenais ce chemin pour me rendre au 18 bd Blanqui au lycée technique Estienne où j’ai obtenu mon CAP de compositeur typographe.

Au moment où j’aurais pu entrer dans la vie active, comme vous tous, j’ai reçu ma feuille de route incorporé direct en Algérie.

Je me souviendrai toujours de la réflexion d’un jeune typo comme je l’étais, au moment de mon départ, devant tous les amis de l’imprimerie ‘’ regarder bien Michel Duplenne vous ne le reverrez peut-être plus jamais’’

Nous étions en septembre 58 la population savait que de nombreux appelés tombaient en AFN et pourtant on ne parlait pas de guerre mais de maintient de l’ordre.

La réflextion de ce garçon n’était pas vraiment une méchanceté, mais une amertume, il venait d’être réformé à une époque où les conscrits étaient fiers d’être retenus et fêtaient cet évènement qui leur donnait comme un brevet, celui de rentrer dans le monde des hommes, mais celui de se faire tuer un uniforme sur le dos.

J’ai eu la chance comme vous tous ici de revenir mais hélas 30000 de nos camarades ne sont pas revenus. Que dire des nombreux blessés, de ceux qui marqués pour toujours, pour certains depuis plus de 60 ans, leurs blessures, leurs souffrances jour après jour leurs rappellent cette guerre qui à l’âge ou on s’ouvre au meilleur de la vie les a laissé marqués tant dans leur chair que dans leur esprit.

Rendons hommage aux jeunes filles qui les ont épousés malgré leurs handicaps.

Combien de Noëls, de jours de fêtes passés sur un piton, dans le djebel loin de l’affection des siens.

Il ne faut surtout pas oublier la souffrance des mères, ces mamans mortes d’inquiétude de savoir leur petit si loin, si exposé, la peur de voir le maire du village venir leur annoncer une sinistre nouvelle.

1958 c’est également la naissance de notre grande fédération, comment à cet instant ne pas penser à Maurice Sicart dont le souvenir figure à jamais sur le boulevard Blanqui, sans des hommes comme lui la FNACA ne serait pas ce qu’elle est.

Malgré les demandes répétées de la FNACA lors des mandatures précédentes, il a fallu attendre l’année 2004 l’investiture de Bertrand Delanoë pour voir une place du 19 mars enfin inaugurée à Paris.

Des mots forts lors de son discours d’inauguration « il nous faut regarder l’Histoire en face. Un rendez-vous de la fidélité et de l’honneur. Le 19 mars une journée d’hommage aux morts, une vérité historique, c’était une guerre coloniale »

Quel bel emplacement que cette place à proximité de la gare de Lyon d’où partirent des milliers de soldats direction Marseille pour le trop célèbre camp Sainte-Marthe.

A Paris bat le cœur de notre fédération son siège national, la rédaction de notre mensuel. Nous sommes les seuls à pouvoir publier des pages départementales véritables colonnes vertébrales de la vie des comités. Je salue en particulier Pierre Merciecca qui a su donner un éclat particulier et mettre en valeur l’édition de Paris je sais pour le pratiquer combien ce travail est ingrat.

Paris c’est le phare qui éclaire la cérémonie du 19 mars pour toute la France.

Anciens combattants nous avons un devoir de mémoire envers les jeunes générations, avec l’aide de mes amis de Paris que j’ai déjà cité sans oublier Jean-Yves Virot mon département l’Essonne a pu faire venir des collégiens d’Itteville, des écoliers du Conseil municipal de Montgeron ma commune. Nous les avons récompensés, et ils gardent et garderons toute leur vie le souvenir du ravivage de la Flamme un souvenir unique.

Notre journal a pu s’en faire l’écho, savez vous que nous utilisons 650 tonnes de papier chaque année, que la mise sous film à Bourgogne routage dure quatre journée et demie, que le fait d’avoir un film bio dégradable nous coûte 70.000 euros de plus, que les frais d’envois s’élèvent à 900.000 euros.

Dans tous les départements nous déplorons l’absence quasi-totale des parlementaires à nos congrès. Les élections ont modifiées le paysage des élus, le président de la république n’a pas tenu l’engagement qui était le sien, celui de conserver un interlocuteur spécifique du monde combattant. Mme Darrieussecq secrétaire d’Etat a la charge du monde combattant et de la Mémoire comme d’autres dossiers.

Il serait bon de se souvenir que sans la troisième génération du feu, le contingent que nous représentons, la république actuelle n’existerait peut-être pas dans sa forme.

Le 21 avril 1961 le putsch des généraux, une tentative de coup d’Etat fomentée par une partie des militaires de carrières.

Comme a dit le Général de Gaulle 500.000 gaillards du contingent munis de transistors, des unités d’appelés refusent d’obéir aux mutins et arrêtent les officiers putschistes en leur sein.

Il faut rappeler que ces responsables seront amnistiés en 1982 par le vote d’une loi.

Pendant les huit années de ce terrible conflit, les gouvernements ouvraient à flot les vagues des jeunes appelés en direction de l’AFN.

Maintenant c’est au compte goutte que sont distillés les droits à réparation. Quand on se rend compte que plus de 2000 médailles militaires ne sont pas encore attribués 60 ans après que les récipiendaires ont fait acte de leur bravoure. Certains des promus sont décédés entre temps.

Nous avons toujours un budget de rigueur et sommes encore heureux que les droits fondamentaux acquis disons arrachés un à un ne sont pas remis en question. Les effets de la mortalité retenus pour 5% et nous savons que le maintient du budget à son niveau pendant un ou deux ans réglerait notre contentieux.

Mme Darrieussecq a soulignée que nos avancées actuelles comme la retraite du combattant à 52 points coûtent 20 millions 800.000 €, mais l’économie réalisée avec le taux de mortalité atteint 118 millions d’euros par rapport à la totalité de notre budget.

Ce qui est choquant c’est la demi part fiscale refusée aux veuves âgées de 74 ans qui ont eu la douleur de perdre leur époux avant qu’il n’atteigne cet âge fatidique, elles sont plus de 40% adhérentes de la FNACA qui ont poursuivit leur confiance en notre fédération. Ces veuves comme nos épouses ont été marquées par la guerre d’Algérie leur conjoint souvent leur fiancé de l’époque elles ont subies comme nous l’éloignement, la peur de voir tomber leur promis de l’autre coté de la méditerranée.

Comme je le souligne souvent aux autorités que nous rencontrons, nous sommes une génération qui a beaucoup souffert.

Nous sommes nés sous la troisième république sous Albert Lebrun, puis vécu sous l’Etat français avec Pétain, et l’occupation allemande et ses horreurs et privations, ensuite la quatrième république avec Vincent Auriol, enfin la 5e avec le Général De Gaulle. Nos pères ont fais la seconde guerre mondiale et souvent prisonniers, nos grands-parents la première guerre mondiale. Notre prime jeunesse en connaissant la faim, les cartes d’alimentation qui ont perdurées à la Libération.

A 20 ans nous n’étions pas majeurs et on nous a envoyés faire une guerre qui n’était pas la nôtre, mais nous avons fait notre devoir avec honneur et laissé 30 000 des notre en Afrique du Nord, c’est pour cette raison que nous sommes présents aussi nombreux le 19 mars pour commémorer le cessez le feu de cette guerre qui n’avait que trop durée.

Une satisfaction notre date du 19 mars 1962 est restée officielle, elle est la seule historique.

L’ancien combattant doit prendre toute sa place dans la cité comme citoyen et mériter le respect qui lui est du en participant aux cérémonies patriotiques.

Pour conclure chers amis de Paris soyons fiers du travail de la FNACA, maintenons lui notre confiance, restons vigilants pour éviter une remise en cause de nos droits acquis.

Soyons solidaires des amis dans la difficulté, restons apolitiques, mais exigeons le respect des engagements pris.

Restons dans la convivialité, respectons les différences et veillons à notre indépendance.

Vive la FNACA – Vive la France – Vive la Paix